Les enfants âgés de moins de 5 ans en 2026 n’auront jamais besoin de travailler, d’après Vinod Khosla, grand investisseur dans OpenAI

OpenAI

Un enfant né aujourd’hui n’aura peut-être jamais besoin de chercher un emploi. C’est la prédiction choc de Vinod Khosla, l’un des milliardaires les plus influents de la Silicon Valley. Pour lui, l’intelligence artificielle va tout changer. Et pas dans quinze ans. Beaucoup plus tôt. Mais cette vision radieuse mérite qu’on la regarde de plus près. Car derrière l’optimisme affiché se cachent des questions auxquelles personne ne sait encore vraiment répondre.

80 % des emplois opérés par des intelligences artificielles

Une révolution du travail annoncée pour 2040

Vinod Khosla l’a affirmé clairement lors d’une interview accordée au podcast Titans and Disruptors of Industry. Selon lui, d’ici 2040 ou 2045, les intelligences artificielles occuperont 80 % des emplois actuels. Vendeurs, médecins, comptables, rédacteurs : aucun secteur ne serait épargné. Cette automatisation massive ferait alors chuter les coûts de la main-d’œuvre. En conséquence, les prix des biens et services baisseraient également. Résultat : un monde d’abondance où travailler deviendrait une option, pas une obligation.

Le milliardaire résume sa pensée en une phrase : « Le besoin de travailler disparaîtra. » Il précise ensuite que les gens continueront de travailler, mais uniquement sur ce qui les passionne. Plus par nécessité financière, donc. Cette vision trouve un écho chez d’autres grands noms de la tech. Elon Musk, par exemple, va encore plus loin. Il estime que l’argent lui-même deviendra obsolète grâce à l’IA.

Une prédiction qui interpelle sur l’avenir des enfants d’aujourd’hui

Khosla pousse son raisonnement encore plus loin. Il affirme qu’il est peu probable qu’un enfant de 5 ans aujourd’hui doive un jour chercher un emploi. Une affirmation qui fait réfléchir. En 2026, alors que l’IA s’intègre déjà dans de nombreux secteurs professionnels, cette perspective semble moins science-fiction qu’il y a encore quelques années. Pourtant, entre la prédiction et la réalité, un fossé énorme subsiste.

Un milliardaire qui prêche pour sa paroisse

Un optimisme fondé sur des hypothèses fragiles

Le raisonnement de Khosla repose sur un postulat séduisant mais discutable. Si les IA remplacent les employés, alors les coûts baissent, et donc les prix aussi. Logique, en apparence. Mais cette équation ignore un acteur central : les entreprises elles-mêmes. Rien ne garantit qu’elles choisiront de répercuter leurs économies sur les consommateurs. Au contraire, l’histoire montre souvent que les gains de productivité alimentent d’abord les profits des actionnaires.

Par ailleurs, une question fondamentale reste sans réponse. Si plus personne ne travaille, d’où vient l’argent pour vivre ? L’idée d’un revenu universel financé par une taxe sur les entreprises technologiques revient régulièrement dans ce débat. Toutefois, les expérimentations menées jusqu’ici montrent que ce modèle est très difficile à pérenniser. Les montants nécessaires sont colossaux et les résistances politiques, considérables.

Un conflit d’intérêts difficile à ignorer

Il faut également rappeler un détail important. Vinod Khosla n’est pas un observateur neutre de cette révolution technologique. Sa société de capital-risque, Khosla Ventures, figure parmi les tout premiers investisseurs d’OpenAI, dès 2019. Autrement dit, plus l’IA s’impose comme incontournable, plus ses investissements prennent de la valeur. Défendre avec enthousiasme l’avènement de l’IA dans le monde du travail, c’est aussi, indirectement, défendre ses propres intérêts financiers.

Ce que les économistes pensent vraiment de l’IA en 2026

Un enthousiasme loin d’être partagé

Les milliardaires de la tech ne sont pas les seuls à s’exprimer sur le sujet. Et leurs positions tranchent nettement avec celles des professionnels d’autres secteurs. Une étude récente menée auprès de milliers de dirigeants et cadres d’entreprise apporte un éclairage bien différent. Résultat : 90 % d’entre eux déclarent que l’IA n’a eu aucun impact mesurable sur l’emploi ou la productivité au cours des trois dernières années.

De plus, leurs prévisions pour les prochaines années restent très modestes. Ils anticipent une hausse de productivité de 1,4 % et une progression de la production de 0,8 % d’ici 2029. Des chiffres très éloignés de la révolution totale promise par Khosla. Ainsi, entre les visions utopiques de la Silicon Valley et la réalité du terrain, l’écart reste considérable.

L’IA transforme le travail, mais ne le supprime pas encore

En 2026, l’IA automatise déjà de nombreuses tâches répétitives. Elle assiste les professionnels de santé, accélère la rédaction de contenus et optimise la logistique. Cependant, elle n’a pas encore remplacé massivement des emplois entiers. Elle les transforme, les réoriente, parfois les enrichit. La réalité est donc plus nuancée que les discours des milliardaires ne le laissent entendre.

Faut-il croire à la fin du travail ?

La vision de Vinod Khosla est séduisante. Elle promet un avenir libéré des contraintes professionnelles, où chacun pourrait s’épanouir librement. Mais cette promesse vient d’hommes qui, eux, n’ont pas à s’inquiéter de leur avenir financier. Ils ne connaîtront jamais l’angoisse de perdre leur emploi au profit d’un algorithme.

La vraie question n’est donc pas de savoir si l’IA va supprimer des emplois. Elle le fera, c’est inévitable. La vraie question est de savoir qui bénéficiera réellement de cette transformation. Les travailleurs ? Les consommateurs ? Ou uniquement ceux qui, comme Khosla, ont investi tôt et massivement dans cette révolution technologique.

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