Vague de froid en France : 13 ans après la pire mi-mars de l’histoire, le cauchemar recommence-t-il ?

Vague de froid en France

Le 11 mars 2013, un automobiliste quitte la route près de Brix, dans la Manche. Il rejoint la centrale de Flamanville par la RN13. Personne ne l’a prévenu. Une tempête de neige l’immobilise entre 18h et 20h. Comme des milliers d’autres conducteurs, il passe la nuit dans sa voiture. Pas d’assistance, pas d’eau, pas de nourriture. Seulement la radio locale pour toute compagnie.

Un premier trimestre 2013 très froid

Le début de l’année 2013 frappe fort. Plusieurs vagues de froid se succèdent rapidement. Du 12 au 27 janvier, puis du 2 au 14 février, et enfin du 21 au 25 février, la neige tombe jusque dans les plaines. Pourtant, c’est la vague de froid du 11 mars qui marque les esprits. Elle arrive très tard dans la saison et surprend tout le monde.

Mars 2013 entre ainsi dans les archives météorologiques. C’est le mois de mars le plus froid depuis 1987 en France. Dans l’extrême Nord, il faut remonter à 1970 pour trouver un mois aussi glacial. Sur la moitié nord de l’Europe, certaines régions n’avaient pas connu pareil froid depuis plus d’un siècle.

Une vague de froid très tardive à partir du 10 mars

Le 10 mars 2013, un air arctique descend de Scandinavie. Il envahit rapidement le Benelux, les îles Britanniques et le nord de la France. À Lille, le thermomètre affiche 1°C. À Paris, il tombe à 5°C. Ce froid contraste brutalement avec la douceur qui règne encore sur le reste du pays.

Dans la nuit du 10 au 11 mars, la pluie laisse place à la neige. Elle recouvre la Normandie, le nord de l’Île-de-France, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais. Les chutes sont particulièrement intenses sur les côtes normandes, notamment dans le Cotentin.

Le 11 mars, une tempête de neige frappe le nord de la Bretagne et la Normandie. En Île-de-France, il neige au nord et à l’ouest, tandis qu’il pleut au sud et à l’est. Le contraste est saisissant à quelques kilomètres de distance.

Des milliers d’automobilistes bloqués sous 3 m de neige en Normandie !

Le 12 mars, tout bascule. De fortes chutes paralysent les régions au nord de la Loire. Des milliers d’automobilistes se retrouvent piégés par des congères de plus de trois mètres. La Normandie, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais sont les plus touchés.

En Île-de-France, la pluie verglaçante fige tout. Les lignes de métro et de RER ferment. Les embouteillages s’étendent sur des dizaines de kilomètres. À Lille, la situation est catastrophique. L’autoroute A1 est coupée dans le sens Paris-province.

Les températures battent alors des records. Il s’agit parfois de l’après-midi de mars la plus froide jamais mesurée. Les chiffres donnent le vertige : −3,1°C à Évreux, −2,6°C à Pontoise, −2,5°C à Rouen, −2,1°C à Amiens et Deauville, −1,7°C à Roissy.

Le matin du 13 mars, le ciel se dégage sur le tiers nord. Cependant, la neige au sol et le vent calme provoquent des températures extrêmes. À Chapet, dans les Yvelines, le thermomètre descend à −15°C. À l’hippodrome de Longchamp à Paris, il affiche −12°C. Dans la journée, le froid progresse vers le sud. Toulouse se réveille sous la neige. Les 14 et 15 mars, les gelées persistent partout, sauf sur le littoral méditerranéen.

Le froid reprend de plus belle à l’arrivée du printemps

Après un bref répit, la neige revient le 18 mars. Elle touche d’abord les Alpes, puis s’étend rapidement. Entre Grenoble, Chambéry, Annecy et Genève, la circulation est très perturbée. Les vallées reçoivent entre 5 et 15 cm. Dans les Hautes-Alpes, 7 000 foyers perdent l’électricité. Le massif du Pelvoux enregistre jusqu’à 1,20 m de neige.

Le 20 mars marque le premier jour du printemps. Pourtant, la neige tombe encore entre le Pas-de-Calais et le nord de la Lorraine. À Saint-Omer, on relève 4 à 5 cm. La nature semble ignorer le calendrier.

À la fin du mois, l’Europe du Nord grelotte toujours. Au nord de la Loire, le gel s’installe partout. Troyes, Creil, Beauvais et Évreux affichent −5°C. Le 30 mars, il neige encore en Normandie, en Alsace, en Lorraine et même en Île-de-France.

Finalement, le froid lâche prise au début d’avril. Une vague de chaleur exceptionnelle envahit alors toute la France à la mi-avril. Après six semaines de gel, le contraste est total. Ce mars 2013 reste ainsi gravé dans les mémoires comme l’un des plus rudes et des plus tardifs de l’histoire météorologique française.

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